Qu'est-ce que l'autisme, au juste ? Idées reçues contre réalité.

03 | 04 | 26

Qu'est-ce que l'autisme, au juste ? Idées reçues contre réalité.

Découvrez ce qu'est réellement l'autisme, dissipez les idées reçues et découvrez les défis et les atouts auxquels sont confrontées les personnes autistes.

Le mois d'avril est le Mois de l'acceptation de l'autisme, une période qui vise à sensibiliser le public, mais surtout à œuvrer pour une véritable acceptation des personnes autistes.
    
L'autisme est un trouble neurodéveloppemental qui affecte le traitement de l'information, ce qui a des répercussions sur les interactions sociales, la communication et les expériences sensorielles. Considéré comme un spectre, il se manifeste différemment chez chaque personne et les personnes autistes ont des défis qui leur sont propres, mais aussi des atouts.
   
Bien que l'autisme fasse de plus en plus souvent l'objet de discussions, de nombreuses idées reçues et clichés persistent. Dans cet article, nous démêlerons les faits et les mythes pour favoriser une meilleure compréhension de l'autisme.
   

Idée reçue n° 1 : les personnes autistes évitent les contacts sociaux.

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Beaucoup de gens pensent que les personnes autistes sont antisociales. C'est probablement l'un des stéréotypes les plus tenaces. En réalité, de nombreuses personnes autistes souhaitent en fait avoir des contacts sociaux, mais ceux-ci se déroulent souvent différemment.
    
Les interactions sociales obéissent en effet à des règles souvent fluides et dépendantes du contexte. Pour les personnes autistes, il peut être difficile d'appliquer ces règles automatiquement ou de les mémoriser. Il peut être accablant d'interpréter correctement le comportement des autres et d'y répondre de manière appropriée.
    
Pour y faire face, de nombreuses personnes autistes mettent en place des routines sociales ou limitent le nombre de situations sociales auxquelles elles participent, car celles-ci sont très énergivores. Ce comportement peut être interprété à tort comme un comportement antisocial par les autres.
   
En réalité, de nombreuses personnes autistes ont un besoin important de connexion sociale. Lorsqu'une personne autiste est socialement active, cela demande souvent beaucoup d'énergie et témoigne d'une forte motivation sociale.
   

Idée reçue n° 2 : les personnes autistes ont besoin de routines.

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C'est une idée reçue courante. Les personnes autistes n’ont pas nécessairement besoin de routines strictes. Elles ont avant tout besoin de prévisibilité et d'un environnement serein. Les routines sont souvent un moyen d'y parvenir. Par exemple, quelqu’un peut dire « bonjour » en tapant dans la main ou allumer son ordinateur avant de saluer ses collègues.
  
Les routines peuvent aider, mais elles ne sont pas toujours flexibles et peuvent même parfois constituer un obstacle. Les personnes autistes ont vraiment besoin de prévisibilité : savoir clairement ce qui va se passer et dans quel ordre. Si cette prévisibilité est assurée, elles n'ont pas besoin de créer de routines. Alors que les routines sont souvent rigides, la prévisibilité leur permet d'agir avec souplesse et assurance.
   

Idée reçue n° 3 : l’autisme se manifeste de la même manière chez tout le monde.

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L’autisme est un spectre, ce qui signifie qu’il n’existe pas deux personnes autistes identiques. Certaines personnes ont de solides compétences en communication, ont besoin d'une grande structure ou présentent des sensibilités sensorielles spécifiques. Chez d’autres, l’autisme se manifeste de différentes manières, avec des difficultés et des atouts variés.
   
C’est précisément cette diversité qui rend essentiel de dépasser les clichés et d’éviter les généralisations.
  

Idée reçue n° 4 : l’autisme est un handicap qu’il faut « corriger ».

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L’autisme n’est pas une maladie que l’on peut ou doit « guérir ». C'est une caractéristique innée qui fait partie intégrante de la personnalité d'une personne. Il s'agit d'une manière différente de traiter l'information par le cerveau. Les premiers signes apparaissent souvent dès la petite enfance, mais un diagnostic fiable ne peut généralement être posé qu’à partir de l’âge de deux ans environ. Certaines personnes ne sont diagnostiquées qu’à l’âge adulte.
  
Il ne s'agit pas de changer l'autisme, mais de comprendre ce qu'il signifie pour vous et comment y faire face. Il est également important d'adapter l'environnement aux besoins d'une personne autiste, comme le calme, la prévisibilité et la sécurité. Le soutien peut inclure la psychothérapie, l’orthophonie, la formation aux compétences sociales ou le coaching.
  

Idée reçue n° 5 : les personnes autistes n'ont pas le sens de l'humour.

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L'humour est une affaire personnelle : ce qui fait rire une personne peut laisser une autre indifférente. Les personnes autistes ont bien sûr le sens de l'humour, mais elles ont souvent du mal à comprendre et à interpréter les blagues abstraites ou subtiles. Elles ont parfois besoin de plus de temps pour comprendre que quelque chose est censé être drôle.
   
Plus l'humour est concret et clair, plus il est facile à comprendre pour les personnes autistes. L'humour concret peut par exemple prendre la forme d'humour physique, comme dans un film comique, avec une chute ou une exagération. Plus la blague est abstraite, plus elle peut être difficile à comprendre.
   
Les personnes autistes ont donc bien un sens de l'humour, mais il est souvent différent. Avoir un sens de l'humour différent ne signifie pas qu'on n'en a pas.
   

La réalité des personnes autistes

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Au-delà des idées reçues, il est important de comprendre comment l'autisme se manifeste au quotidien. De nombreuses personnes autistes ressentent les stimuli sensoriels de manière plus intense : les sons, la lumière, le toucher ou la foule peuvent ainsi plus facilement entraîner une surcharge sensorielle. Cela peut se traduire par du stress, de la panique ou des crises soudaines, et dans certains cas, affecter également la motricité ou la coordination, ce qui rend les activités quotidiennes plus difficiles.
   
Chez certaines personnes autistes, cela peut également augmenter le risque de chute, notamment en raison de réactions imprévisibles ou de difficultés motrices. Il est donc essentiel pour les parents, les aidants et les professionnels de santé de créer un environnement sûr sans pour autant limiter l’autonomie.
    
Parallèlement, les personnes autistes possèdent de nombreux atouts. Elles sont souvent exceptionnellement précises, créatives et analytiques, ou font preuve d'une grande concentration sur leurs centres d'intérêt. Ces qualités peuvent leur permettre d'exceller dans leur travail, leurs loisirs ou dans des contextes sociaux où ils peuvent s'épanouir.
   
Des produits comme Ribcap peuvent contribuer à rendre les défis du quotidien, comme le risque de chute, plus sûrs, sans compromettre le confort ou l'autonomie, et permettre ainsi aux personnes autistes de tirer le meilleur parti de leurs talents.
    

Conclusion

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L'autisme recouvre en effet un large éventail d'expériences, avec des défis et des atouts uniques. En dépassant les idées reçues et en comprenant ce que l'autisme signifie pour chaque personne, nous pouvons faire preuve d'empathie, offrir un soutien et créer un environnement dans lequel chacun se sent en sécurité et valorisé.
   
Écrit par Nico De Wilde